Epargne et Livret A : le duel

Article publié le 3 octobre 2012 - Flux RSS

S’il continue de figurer parmi les solutions d’épargne favorites des ménages français, le Livret A doit toutefois faire face à la concurrence accrue des produits proposés par les banques en ligne. D’autant plus que, s’il demeure un placement sécurisé et intéressant en raison de son absence de fiscalisation, son taux est resté inchangé au 1er août dernier, alors qu’il aurait dû, en toute logique et au vu de l’inflation, faire l’objet d’une revalorisation. L’augmentation de son plafond, qui doit intervenir ce 1er octobre, réussira-t-elle à faire définitivement basculer la situation, et asseoir la position du Livret A, au détriment des nombreuses autres solutions d’épargne ?

La situation actuelle du Livret A

Chouchou incontestable des épargnants français en quête de produits d’épargne leur permettant de se constituer un capital dans les meilleures conditions, le Livret A a ses adeptes, puisque l’on compte à ce jour 61 millions de Livrets ouverts.

Toutefois, si son plafond, jusqu’ici fixé à 15 300 € et ce depuis 1986, est sur le point d’être augmenté, avec l’objectif d’atteindre le double d’ici quelques mois, près de la moitié des Livrets A ne disposent que d’une somme égale ou inférieure à 150 €.

De plus, seuls 8.8 % des titulaires d’un Livret A avaient atteint le plafond fin 2011.

Aussi, il semble légitime de s’interroger sur la pertinence et le bien-fondé de cette initiative du Président Hollande, qui figurait parmi ses promesses électorales : le Livret A est-il encore promis à un bel avenir en France, et l’augmentation de son plafond suffira-t-elle à développer l’épargne des ménages, et à relancer l’économie ?

Car, derrière cette volonté de favoriser le Livret A se cache l’ambition du gouvernement de contribuer à la construction de logements sociaux, et ainsi de trouver une solution pour faire face à la crise du logement et économique actuelle.

Les autres possibilités d’épargne des français

Alors qu’elle a occupé, pendant de très nombreuses décennies, la tête du classement des produits d’épargne les plus plébiscités, l’assurance-vie affiche aujourd’hui un essoufflement réel, et n’offre plus aux épargnants qu’un taux très bas (3.5 %) au regard de ce qu’elle offrait avant (5 %).

Ses conditions nettement moins avantageuses ont ainsi conduit récemment les français à transférer une partie, ou la totalité pour certains, de leurs économies vers d’autres comptes d’épargne, à l’image du Livret A.

Mais, au-delà de ces produits d’épargne classiques, on constate l’arrivée massive sur le marché d’offres souvent très attractives proposées par les banques en ligne. Même si ces produits sont fiscalisés, ils séduisent néanmoins de plus en plus d’épargnants, grâce notamment à des frais de gestion nuls, la gratuité de la carte bancaire, ainsi qu’une grande souplesse. Sans compter que les plafonds de ces livrets sont, pour la plupart, illimités.

Sans compter la multiplication des offres promotionnelles, offrant aux nouveaux clients des taux très avantageux qui, même s’ils ne s’appliquent que sur une durée limitée, présentent un intérêt majeur aux yeux des ménages.

Produits d’épargne standards ou super-livrets, sécurisés ou pas, fiscalisés ou non : les français disposent d’une gamme très étendue de possibilités d’épargne. Même s’ils continuent de préférer dans l’ensemble le Livret A. Reste à savoir pour combien de temps ?