Livret A : le placement d’épargne indétrônable ?

Article publié le 6 septembre 2012 - Flux RSS

Doublement du plafond, réévaluation du taux de rémunération, soumission des dépôts aux cotisations sociales,… l’avenir du Livret A, placement préféré des français, a été maintenu dans le flou durant toute la période estivale. Mais, la rentrée arrivant, le gouvernement a fini par sortir de sa torpeur, pour rendre des comptes aux épargnants. Une prise de décision qui pourrait bien faire de ce livret d’épargne, le produit financier le plus avantageux du secteur.

Lors de sa campagne pour la présidence de la République, François Hollande s’était engagé à doubler le plafond du Livret A, le faisant passer de 15 300 € à 30 600 €, le tout sans user de paliers d’augmentation. Finalement, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a décidé de relever ledit plafond de 25% seulement, soit la possibilité d’y déposer 19 125 €, tout en maintenant la défiscalisation des revenus tirés de ce produit. Une avancée en demi-teinte compte tenu de la promesse faite, mais qui pourrait tout de même bouleverser la hiérarchie des placements.

Une montée en puissance indéniable

Réalisée par la société Morningstar, une récente étude démontre qu’un Livret A disposant d’un plafond relevé de 25% en fin d’année, s’imposera en tant que concurrent redoutable aux contrats d’assurance-vie en unités de compte et aux placements en actions. « En terme de rendement net de la fiscalité, si les taux à long terme restent sur leurs niveaux actuels, et que l’inflation suit la remontée du prix des matières premières, on pourrait se retrouver en 2013 avec un rendement brut des fonds en euros inférieur à celui du Livret A », estime Jean-François Bay, directeur général de Morningstar.

Autre facteur révélateur de ce succès : les chiffres des encours du Livret A. En juillet, il avait engendré 2,56 milliards d’euros, portant ainsi la collecte totale à 15,21 milliards depuis le début de l’année. De son côté, l’assurance-vie voit sa côte de popularité décroître au fil des mois. Fin juin, le solde de ses cotisations et prestations était négatif de 4,7 milliards d’euros en six mois de temps, d’après les estimations de la Fédération française des sociétés d’assurances. Une tendance qui pourrait s’accentuer, si un nouveau palier d’augmentation du plafond de ce fameux livret, devait être franchi.

Un succès inébranlable ?

Une modification de la forme de calcul du taux de rémunération du Livret A, avait également été évoquée par François Hollande. « Je garantirai l’épargne populaire par une rémunération du Livret A supérieure à l’inflation et tenant compte de l’évolution de la croissance », pouvait-on lire parmi les 60  engagements de son programme. Mais, au 1er août 2012, date de révision dudit taux, la Banque de France a annoncé le maintien des 2,25% déjà en vigueur, dans la mesure où « il n’y avait pas lieu d’invoquer des circonstances exceptionnelles » selon son communiqué.

Visiblement les recommandations de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, ont été suivies à la lettre par les membres du gouvernement. Ce dernier les avait effectivement invités à faire preuve d’une grande prudence, dans leurs décisions sur le relèvement des plafonds du Livret A. Et ce, afin de « ne pas déstabiliser le financement des entreprises, le financement des ménages, le financement de la dette publique » en provoquant des flux de capitaux au détriment d’autres produits d’épargne.

Pourtant, « dans notre contexte de baisse du pouvoir d’achat, les ménages verraient d’un bon œil la revalorisation du produit de leur épargne ». Une circonstance pointée du doigt par Jean-Jacques Candelier, député communiste du Nord, dans une lettre remise au Ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici, mais qui n’a pour l’heure pas reçu de réponse…