Retour en grâce du Livret A

Article publié le 14 juillet 2016 - Flux RSS

Le Livret A se montre en grande forme ces derniers mois avec une série de collectes positives dont la dernière en mai de 400 millions d’euros. L’épargne défiscalisée, LDD compris, redresse le nez et présente un encours de près de 357 milliards d’euros. Serait-ce que les épargnants se garderaient de placer leurs économies sur l’assurance-vie ?

+ 400 millions d’euros sur le Livret A

Le régime minceur de l’été n’est pas pour le Livret A. Après avoir engrangé 310 millions d’euros supplémentaires en mars et 260 millions d’euros en avril, le Livret A affiche une  collecte nette de 400 millions d’euros en mai.

Pour le LDD (Livret de Développement Durable), la CDC enregistre en mai 40 millions d’euros de décollecte, faisant suite à deux mois consécutifs de collecte positive en avril (+100 millions d’euros) et en mars (+120 millions d’euros).

En conséquence, la décollecte à laquelle on assiste depuis janvier sur les produits d’épargne défiscalisée est atténuée, repassant sous la barre du milliard d’euros en avril et réduite à - 620 millions d’euros en mai.

D’après les chiffres de la CDC, l’encours cumulé du Livret A et du LDD est établi fin mai 2016 à 356,6 milliards d’euros, dont plus de 256 milliards d’euros sur le Livret A.

Cette remontée à la surface de l’épargne défiscalisée laisse perplexe alors qu’à la même époque en 2015, ces livrets sombraient dans le rouge et qu’aujourd’hui le taux d’intérêt tombé en août dernier à 0,75% est encore plus bas.

Un vent d’incertitude favorable au Livret A

Ce regain de faveur du Livret A est généralement expliqué par la médiocrité des rendements d’assurance-vie. Bien que des écarts importants existent entre les rémunérations des fonds euros à capital garanti (de 1,25% à plus de 3,50% en 2015), la tendance est à la baisse des taux de rémunération (nets de frais de gestion) dont la moyenne a glissé à 2,30% en 2015 contre 2,90% en 2012. Cette érosion est l’une des conséquences directes de la politique de taux zéro de la Banque centrale européenne. De plus, il s’agit de gains fiscalisés, assujettis aux ponctions sociales de 15,5%. Dans ces conditions, beaucoup de contrats d’assurance-vie rémunèrent à peine mieux l’épargne que le Livret A où les fonds sont absolument sécurisés et les gains défiscalisés.

Cependant, l’explication simpliste de l’engouement pour l’un par le dégoût de l’autre est démentie par les faits. Depuis le début de l’année, les placements en assurance-vie ont continué de progresser. Selon les chiffres de la FFSA (Fédération Française des Sociétés d’Assurances), la collecte nette d’assurance-vie s’élève à 11 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de l’année, avec une nouvelle collecte nette positive de 1,4 milliard d’euros en mai. Il n’est donc pas vérifié que les épargnants boudent l’assurance-vie. Du moins pas encore.

Le taux du Livret A sur la sellette

Considérant le niveau de l’indice des prix à la consommation, le taux d’intérêt du Livret A devrait théoriquement descendre à 0,50% en août. Si le gouverneur de la Banque de France recommande un tel réajustement de l’épargne réglementée, il n’est pas sûr que la collecte nette d’épargne reste positive bien longtemps, mais il n’est pas sûr non plus que Bercy le suive. L’approche des élections peut inciter le gouvernement à ne pas décevoir les épargnants, même si, d’un autre côté, l’épargne longue doit être encouragée si l’on veut continuer à financer les investissements.